Edito 47
Le patrimoine, c'est du solide
De méchant fondement jamais bon bâtiment : c'est un proverbe français dont on trouve pour la première fois la trace en 1568, et, plus de 440 ans plus tard, il conserve toute sa pertinence. Si les bâtiments patrimoniaux sur lesquels les équipes de spécialistes travaillent de nos jours ont pu traverser tant d'épreuves en demeurant toujours debout, c'est bien parce que, à l'origine, la qualité de leur construction les rendait aptes à surmonter les désordres auxquels bien des bâtiments modernes n'auraient probablement pas pu survivre.
On objectera, certes avec raison, que les témoins de l'architecture du passé qui sont parvenus jusqu'à nous sont encore présents précisément parce qu'ils étaient les plus puissants, les plus solides, les plus chanceux aussi, et que beaucoup d'autres se sont misérablement écroulés. N'empêche. Malgré les négligences, les abandons, les transformations parfois désastreuses et les modes, beaucoup de structures plusieurs fois centenaires sont encore remarquablement vaillantes.
C'est également vrai pour des constructions dont la valeur patrimoniale est incontestable, mais qui ne remontent pas pour autant à la guerre de Cent Ans : dans ce numéro, c'est l'exemple du charmant théâtre de Saint-Dizier, qui vient de retrouver, grâce à des restaurations habiles, un nouvel élan l'inscrivant dans le monde d'aujourd'hui tout en respectant et revivifiant son histoire. C'est aussi cet immeuble du temps d'Haussmann, préservé et réactualisé. C'est même l'audace architecturale du Cnit, dont l'étonnant voile de béton si aérien semble bien armé pour regarder encore longtemps l'avenir en face.
La clé de tout succès, c'est de bien faire. Et souvent, de bien faire et laisser dire.
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